En provence, toutes les emotions les plus diverses n’ont qu’un meme cri: vite! du tilleul!


Courage, pauvre femme! lui dit-il doucement.

L’aventurier se leva.

Tonia etait ravie de se faire pour Maurin le messager de ces bonnes nouvelles. Que Dieu pardonne a ce malheureux ce dernier crime! dit le prefet; nous n’avons plus rien a faire ici.

Maintenant, deja un peu animee par la marche, Tonia avait chaud sur la colline. Au moment ou le cocher ou mayoral, americain du nord pur sang, apres etre parvenu, a force de jurons yankees entremeles de mauvais espagnol, a caser tant bien que mal ses voyageurs dans son vehicule a demi-disloque par les cahots de la route, prenait les renes pour partir, un galop de chevaux accompagne d’un cliquetis de sabres se fit entendre et une troupe de cavaliers revetus de costumes a peu pres militaires, mais en fort mauvais etat, fit halte devant le rancho. Le gendarme bondit vers la porte. Et ce furent tous les jours de longues promenades a travers champs d’ou l’on revenait pareils a des amoureux de la veille, avec des touffes de genets plein les mains.

Cependant, monsieur le prefet. Cuellar marchait en avant, a droite du comte; derriere, se trouvait dona Dolores entre son pere et Dominique; puis venaient les peones, conduisant les mules de charges sous la direction de Leo Carral et des deux domestiques du comte; les guerilleros formaient l’arriere-garde. Belle demoisellette, lui dit Maurin, vous accepterez bien un verre de fenouillet, que? parce que quand je gagne je regale! Et votre pere, lui aussi, acceptera de trinquer avec nous?. Il tourne au mechant bougre, sous pretexte qu’il n’a pas de pere! Je crois qu’il va etre temps que je m’en mele et que je lui en donne un, moi, de pere, et un solide! –Mon opinion est que vous ferez bien, dit M. Un coup de feu. je suis jalouse. . Veuillez d’abord reprendre les epees que vous portez si vaillamment et dont je regrette de vous avoir prives. Cette conduite de la part d’une jeune fille a laquelle depuis son enfance il etait fiance, a cause de laquelle il avait traverse l’Atlantique presque contre sa volonte, et seulement pour faire honneur a l’engagement pris en son nom par sa famille avait droit de surprendre et de mortifier un homme comme le comte de la Saulay que sa beaute physique, son esprit et meme sa fortune n’avaient jusqu’alors nullement habitue a etre traite avec un aussi etrange sans-facon et un si complet dedain par les dames.